Terminus au bar de la Cour
La fumée de cigare flottait dans le bureau comme un brouillard londonien. Le magistrat ne leva même pas les yeux de son dossier. À ses côtés, un jeune homme tremblait, les mains moites, les yeux errant vers les ombres de la pièce. Était-il un génie incompris ou simplement en train de perdre pied ?
La porte grinça. Un serveur entra, un plateau d'argent à la main, et déposa deux verres ambrés sur le bureau de chêne. sur un tableau, il est inscrit cette phrase :
« Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume et à cet élève, d'où qu'il soit, rêveur, paranoïaque ou au cœur lourd. »
Le serveur se retira en silence. Le juge fixa le liquide sombre, puis le gamin. Le silence devint pesant, presque coupable.
Est-il déçu ? Sans doute. Mais dans cette ville, la déception est la seule chose que l'on sert gratuitement.